Victoire de prestige de la Suisse sur le Brésil
Emmenée par un Valon Behrami qui n'a peut-être pas la classe d'un artiste brésilien mais qui possède une «grinta» à faire renverser des montagnes, la Suisse a livré une performance de choix. Elle a certes bénéficié d'une certaine réussite avec l'autogoal de Dani Alves qui a scellé l'issue de cette rencontre à la 48e. Mais cette victoire, la deuxième de son histoire face aux quintuples champions du monde, ne s'apparente pas au casse du siècle. Sur le plan du jeu, elle ne fut pas inférieure à son adversaire.
Buteur providentiel le 8 juin contre Chypre, Haris Seferovic s'impose de plus en plus comme l'attaquant no 1 de l'équipe de Suisse. Face au Brésil, il a su provoquer les brèches pour Shaqiri par la qualité de son déplacement. Il fut surtout à l'origine du but avec son centre de la droite que Dani Alves déviait de la tête dans ses propres filets. On savait le latéral du FC Barcelone parfois distrait. A Bâle, il mérite vraiment le bonnet d'âne pour cet autogoal.
Toutes les audaces
Dans un Parc Saint-Jacques qui n'avait malheureusement pas fait le plein, la Suisse a vraiment offert la réplique espérée en première période. Même si les deux occasions les plus nettes étaient pour les Brésiliens - tir de Hulk dévié par Benaglio (17e) et tête de Paulinho sur la transversale (39e) -, les Suisses ont sur le plan du jeu réussi des séquences très intéressantes.
Avec l'abattage de Behrami et de Dzemaili, dont l'association fut une pleine réussite, la technique de Xhaka et bien sûr les éclairs de Shaqiri, la Suisse a pu présenter des arguments de poids. Malgré toute leur classe, leur puissance physique et leur expérience, Thiago Silva et Dante se sont parfois retrouvés dans des situations délicates devant ces attaquants suisses inspirés, imprévisibles et, surtout, qui s'offraient toutes les audaces. Comme Ottmar Hitzfeld l'espérait, les Suisses ont vraiment regardé les Brésiliens les yeux dans les yeux.
Deux enseignements
A la reprise, Ottmar Hitzfeld introduisait Schär et Barnetta pour Senderos et Stocker. Deux changements qui étaient justifiés dans la mesure où le Genevois et le Lucernois avaient vraiment évolué un ton au-dessous. Deux changements qui toutefois n'ont pas pesé vraiment sur l'incroyable scénario du début de la seconde période. Quatre minutes après l'autogoal de Seferovic, c'est le gardien Jefferson qui était tout près d'inventer un but digne de Video Gag devant ce diable de Seferovic. On croyait rêver.
Le rêve d'une victoire contre les récents vainqueurs de la Coupe des Confédérations se réalisait finalement. Ce succès de prestige permet à la Suisse d'aborder la dernière ligne droite du tour préliminaire de la Coupe du monde, le 6 septembre à Berne contre la Norvège, forte des deux enseignements livrés par cette rencontre. Elle s'appuie désormais sur un grand patron, Valon Behrami, et sur l'avant-centre qu'elle recherchait depuis qu'Eren Derdiyok s'est égaré à Hoffenheim: Haris Seferovic.
(Si/Newsnet)
Créé: 14.08.2013, 22h58
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