Mujinga Kambundji, la femme la plus rapide de Suisse, aura pour la première fois l'occasion de se mesurer à l'élite planétaire dès jeudi matin, à l'occasion des séries du 200 m des Championnats du monde.Entrer en
demi-finales (top 16) est difficilement envisageable pour la Bernoise, qui entend d'abord viser son record personnel (23''26). Contrairement au 100 m, le 200 m nécessite impérativement une bonne «gestion» de course. S'il n'est pas question de réfléchir («on n'a pas le temps pour ça», dit Kambundji), il faut néanmoins faire preuve de feeling afin de ne pas dilapider toute son énergie dans le virage. Une coureuse de 100 m aurait peut-être tendance à trop donner dès le coup de feu, alors que sur le demi-tour de piste, il faut en garder un peu «sous la pédale» pour la dernière ligne droite. Sur les ultimes mètres, il faut pouvoir tenir, «même si on ralentit forcément toutes un peu», explique l'athlète du ST Berne.
A 21 ans, Mujinga Kambundji est déjà septuple championne de Suisse, après ses trois doublés 100 et 200 m réussis en 2009, 2012 et 2013, plus un titre sur 100 m en 2011. Au plan international, elle vient de terminer deux fois au pied du podium (100 et 200 m) aux Championnats d'Europe M23 en Finlande. A Moscou, parmi l'élite, la marche est encore bien plus haute. Ce sera pour elle «l'occasion d'emmagasiner de l'expérience».
L'étudiante en économie à la Haute école spécialisée de Berne se donne les moyens de courir vite, avec un horaire d'études compatible avec l'entraînement. Son école, au Wankdorf, est située à côté du stade. Et sa participation au relais suisse 4 x 100 m lui apporte un surplus d'énergie et de motivation pour sa carrière individuelle. «Je prends beaucoup de plaisir», assure-t-elle.
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